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Musique


alternatetext L’arrangement en musique électronique, une pratique à hauts risques

« En matière de musique électronique, on ne mixe que des œuvres préexistantes ». Cette affirmation semble évidente mais peut se révéler difficile à appréhender sous l’angle du droit d’auteur, comme en atteste le jugement du Tribunal de Grande Instance de Paris en date du 29 mai 2009. Les faits concernaient un saxophoniste mécontent d’un ancien collaborateur, DJ de profession. Ce dernier avait repris des enregistrements qu’il avait composés et interprétés pour les utiliser comme « matériel » dans de nouveaux mixages. Ceux-ci furent édités sous d’autres titres, parfois sans mentionner le nom du musicien. Une part des bénéfices aurait du logiquement revenir au saxophoniste, qui s’estimait auteur et interprète de plusieurs morceaux. Il importait alors d’établir si ces morceaux étaient effectivement similaires, et s’il en était bien l’auteur. Les experts musicologues ne se trompèrent pas. Certains passages étaient identiques aux enregistrements réalisés par le musicien bien avant l’édition des disques en cause. Il en était donc l’auteur, et ses mélodies avaient été reprises sans son autorisation, ce qui confirme la contrefaçon. Cependant, au-delà des similitudes, les morceaux contrefaisants étaient aussi, pour partie, l’œuvre du DJ coupable et d’autres collaborateurs. La contrefaçon n’est donc pas totale ; les sommes accordées au demandeur seront proportionnelles à la part que représente sa composition dans le morceau final. Les coupables seront également sanctionnés pour les éditions où le nom du musicien n’était pas mentionné. Si l’arrangement est donc de principe en matière électronique, il ne saurait toutefois échapper aux règles protectrices du droit d’auteur. L’imitation et l’innovation peuvent être néanmoins difficiles à distinguer pour attribuer la part de chaque auteur. By Philippe

Décision : TGI Paris, 29 mai 2009, RG n° 06/17242.
Mots-clés : MUSIQUE ELECTRONIQUE – ARRANGEMENT – CONTREFACON


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