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Créations industrielles


alternatetext Les règles du droit d’auteur ne protègent que les auteurs, et non leurs exploitants.

Les agences de communication sont parfois réticentes à ce que leurs clients, une fois le contrat terminé, continuent à utiliser des identités visuelles qu’elles ont réalisées pour eux dans le cadre de commandes passées. Ces commandes n’ayant donné lieu qu’à de simples factures, et non à des contrats conclus en bonne et due forme, les agences invoquent alors que la cession des droits d’auteur sur les créations ne s’est pas réalisée et qu’elles sont toujours les seules à pouvoir les exploiter. L’argument est prévisible. En effet, les cessions de droits doivent, par principe, être conclues dans des termes particulièrement détaillés pour être valables (notamment détail des droits cédés, territoire et durée de la cession). Une agence de communication attaquait ainsi en justice la société Francofolies, bien connue pour son festival de musique, pour l’utilisation d’une identité visuelle créée par l’agence au temps où elles étaient liées contractuellement. Mais les juges de la Cour d’appel de Paris rejettent la demande de l’agence. Deux raisons essentielles sont développées dans la décision. D’abord, les règles du droit d’auteur ne s’appliquent qu’afin de protéger un auteur et non une société exploitante. Elles sont donc inapplicables dans les rapports exploitants (l’agence de communication) et sous-exploitants (le client). Ensuite, la signature de factures peut parfaitement valoir cession de droits du moment que les professionnels qui les concluent ont bien conscience que les créations commandées sont destinées à être exploitées et diffusées par les clients. Traduisons : l’agence de communication ne pouvait ignorer, en concluant facture sur facture, en étant rémunérée normalement pour ses prestations, que les créations seraient destinées à être exploitées sur le long terme, indépendamment de la poursuite ou non des relations contractuelles avec le client. Rappelons qu’il s’agissait ici d’une identité visuelle. Le rédacteur approuve le raisonnement. By Boris

Décision : CA Paris, 18 novembre 2009, RG n° 08/08695
Mots-clés : CESSION DE DROITS – AGENCE DE COMMUNICATION


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