La marche de l’Empereur se
poursuit devant les
tribunaux...
Le format du documentaire
recueille un vif succès auprès du public
depuis quelques années à voir les records
d’entrée décrochés par les films « Être
et avoir » ou « La marche de l’Empereur
». Ce succès a toutefois son pendant de
mauvaise fortune puisqu’il fait naître
régulièrement des litiges entre les
participants. Le maître d’école dans «
Être et Avoir » avait, par exemple, agi
en justice pour que lui soit reconnue la
qualité d’auteur de ses cours, à défaut,
la qualité d’artiste-interprète du
documentaire. L’affaire concerne ici le
film « La marche de l’Empereur ». Le chef
opérateur agissait contre l’ensemble de
la réalisation et de la production pour
se voir reconnaître la qualité de «
co-auteur » du célèbre film-documentaire
consacré aux manchots Empereur. Selon
lui, le film n’avait pu voir le jour au
montage qu’à partir de prises de vue
uniques dont il était l’instigateur.
Contrairement à un film traditionnel, le
fil conducteur de « La marche de
l’Empereur » reposait en grande partie
sur les prises de vue. Ainsi il estimait
qu’à la différence du chef opérateur
traditionnel, il était un véritable
collaborateur à la création. Son
raisonnement n’a pas convaincu les juges
qui ont estimé que le rôle du demandeur
se limitait à un rôle purement technique.
« Il (le chef opérateur) n’a, à aucun
moment participé à l’écriture du
scénario, au choix de la musique et
encore moins au tri parmi les nombreuses
images collectées », nous disent les
juges. « Seul le scénario, le fil choisi
pour raconter l’histoire, le choix des
scènes, leur alternance et le soutien de
la musique associés aux images ont
conféré au film en son ensemble tel qu’il
a été conçu par les co-auteurs un
caractère original ». « L’auteur des
prises de vues ne peut être considéré
comme coauteur (…) ». La solution semble
conforme aux règles admises en la
matière. L’on regrettera, toutefois, que
les spécificités du documentaire
animalier, et précisément de celui de
notre affaire, tourné en Terre Adélie,
dans des conditions extrêmes, n’aient pas
été mieux prises en compte ; là où
l’histoire du film est (pour une bonne
part) imaginée à partir de prises de
vues… By
Boris
Décision : TGI Paris, 22 septembre 2009, RG n°
06/15086.
Mots-clés : DOCUMENTAIRE – CHEF OPERATEUR –
QUALITE DE CO-AUTEUR
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