Liberté d’expression et
liberté de dissection, un mariage
contraire à la dignité humaine :
L’interdiction de l’exposition Our Body –
A corps ouverts, début d’une affaire aux
polémiques prometteuses
L’exposition Our body – A
corps ouverts vient d’être « interdite »
en référé par le Tribunal de Grande
Instance de Paris, ce mardi 21 avril
2009. « Interdite » bien que
l’organisateur de l’exposition ait
annoncé faire appel dans les plus brefs
délais. Depuis son lancement en France,
l’exposition est passée par Lyon,
Marseille puis Paris, traînant derrière
elle une sinistre polémique tenant à
l’origine des corps exposés. Ceux-ci
seraient en effet les dépouilles de
condamnés à mort chinois. Les juges,
sensibles aux arguments des associations
de défense des droits de l’Homme, ont
estimé que l’exposition était contraire
au respect de la dignité humaine et de
l’inviolabilité du cadavre. Décision
surprenante pour certains, alors que les
condamnés à mort ont toujours alimenté
les tables de dissection depuis que
celle-ci est pratiquée, y compris dans
les pays occidentaux (ce que ne manque
pas de mentionner l’exposition Our Body).
Décision discutable pour d’autres, dès
lors qu’est reprochée l’utilisation «
artistique » des corps, alors que
l’exposition se réclame plutôt d’une
vision pédagogique et scientifique.
Décision audacieuse pour beaucoup, car
elle révèle un choc des cultures, voire
des civilisations, le respect des droits
de l’Homme et de la vie étant encore
relégués à un rang secondaire dans
beaucoup d’Etats. Le Droit ne pouvait
échapper à un débat de société aussi
grave. En quoi la diffusion de la culture
scientifique et technique peut-elle être
limitée par la dignité humaine ? Telle
est la question dont va être saisie la
Cour d’Appel de Paris très prochainement.
Affaire à suivre …By
Philippe
Décision : TGI Paris, ord. de référé, 21 avril
2009 (Source : Presse écrite)
Mots-clés : EXPOSITION – DIFFUSION DE LA
CULTURE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE - DIGNITE
HUMAINE
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